L’APOCALYPSE SELON MAGDA, de Vollmer-Lo et Maurel, aux éditions Delcourt, 22,95 € : Bulle de Bronze

apocalypse_selon_magda_couv…L’APOCALYPSE SELON MAGDA, de Vollmer-Lo et Maurel, aux éditions Delcourt, 22,95 € : Bulle de Bronze

Cela fait un an que la fin du monde a été annoncée, aujourd’hui c’est le jour J. Mais l’apocalypse tant redoutée n’a finalement pas lieu. Une libération  pour toute la population qui exulte…mais une mauvaise nouvelle pour Magda, une jeune fille qui a construit ses derniers jours autour de cette fin attendue.

Alors que tout le monde attend fébrilement la fin du monde annoncée, rien ne se passe. Naturellement, tout le monde sort pour fêter cela… sauf Magda qui voit tous ses plans chamboulés.
Un an plus tôt. La veille de son treizième anniversaire, Magda est rassemblée avec tous les autres élèves de son collège pour apprendre une funeste nouvelle : dans un an, une série de catastrophe entraînera la fin du monde. Une annonce difficile à encaisser pour tous les collégiens qui pensent vivre leur dernière année… Magda discute de tout cela avec ses amis Léon et Julie et tente de trouver des réponses à toutes les questions qui se posent désormais. Le soir, tous les médias se focalisent sur la fin du monde, baignant la population dans une atmosphère anxiogène…
Le lendemain matin, alors que Magda compte bien fêter son anniversaire, elle comprend rapidement que rien ne sera plus pareil. Au petit matin, la jeune fille apprend que son père est parti vivre ses derniers jours d’existence avec une autre femme. En fait tout le monde veut profiter de ces derniers instants, et les élèves comme les professeurs désertent les salles de classe. Pas facile de se construire dans un contexte pareil… Magda se rend compte qu’elle risque de passer à côté de pas mal des choses de la vie… et elle compte bien profiter de cette dernière année pour les découvrir.

Si le thème de l’adolescence est un sujet qui a déjà été maintes fois traité en bande dessinée, le placer dans le contexte d’une apocalypse apparaît déjà beaucoup plus original. Ce choix audacieux mais judicieux insuffle de la puissance aux propos de l’auteur grâce à des symboles forts et des situations extrêmes. L’adolescence peut occasionner pas mal de soucis et dans un monde qui se délite progressivement cela relève peut rapidement devenir un enfer. Car face à une fin certaine, chacun décide de profiter de la vie comme il l’entend sans plus se préoccuper des autres et du lendemain.
Aux côtés de Magda, le lecteur est témoin de ce monde qui sombre peu à peu dans la folie car il se sait condamné. Et le jeune fille ne fait pas exception : elle veut goûter à tout ce que cette vie a à lui offrir. Construit comme un thriller, L’Apocalypse selon Magda fait donc la part belle aux émotions tout en apportant une réflexion sur la société.  Forcément, condenser les tourments de l’adolescence en moins de 200 pages n’est pas aisé, et l’album tombe parfois dans l’excès et use de clichés un peu faciles. Mais, grâce à son récit rythmé et sa narration séquentielle prenante, cet album ne laisse jamais retomber l’intérêt et donne envie au lecteur d’aller au bout de ce récit fort en émotions.
Carole Maurel propose un dessin jeté et expressif qui correspond bien au ton de l’album. Son trait semi-réaliste et dynamique nous montre les différents événements sans détours. La mise en scène très cinématographique couplé à l’aspect graphique assez sobre rend la lecture de l’album très agréable, tandis que les changements de couleurs en fonction de la séquence renforcent l’immersion du lecteur.

Pour sa première bd, Chloé Vollmer-lo livre un récit à la fois intimiste et symbolique sur l’adolescence. Si le récit est fort en émotion, on aurait toutefois aimé que le sujet soit traité avec un peu plus de subtilité pour être plus plausible et plus marquant. Avec son style jeté et dynamique, Carole Maurel fait preuve d’une grande maîtrise pour son deuxième album.

Harmony, T1 : Memento, de Mathieu Reynès aux éditions Dupuis, 12 € : Bulle de Bronze

harmony_t1_couv…Harmony, T1 : Memento, de Mathieu Reynès aux éditions Dupuis, 12 € : Bulle de Bronze

C’est en auteur complet que Mathieu Reynès signe sa dernière création : Harmony, annoncé comme une saga fantastique. On y fait la connaissance d’une jeune fille amnésique, emprisonnée dans une cave elle ne trouve aucune réponse à ses questions. Progressivement, elle va découvrir ses étranges capacités…

Quand elle se réveille alitée dans une cave, Harmony n’a aucun souvenir. Sa vie passée et ce lieu lui sont totalement inconnus… Mais la jeune fille trop faible perd conscience écourtant ce moment de panique. Lorsqu’elle s’éveille de nouveau, l’adolescente remarque qu’on lui a laissé de quoi se nourrir. Elle fait alors la connaissance de son geôlier, Nita, un homme bien charpenté qui semble la connaître. Au fil de ses passages, il ne donne que très peu de réponses aux questions que se pose Harmony, tout juste lui dit-il qu’il est là pour prendre soin d’elle et qu’elle n’a pas à s’inquiéter.
Les paroles de Nita n’apaisent pas vraiment l’esprit de la jeune Harmony. Enfermée dans cette cave, elle ne cesse de chercher des réponses à ses questions et, parfois, elle entend une voix qui semble communiquer avec-elle comme par télépathie. Cela ne pourrait être que les premiers signes de la folie, mais lorsqu’Harmony découvre qu’elle peut bouger les objets qui l’entourent par ses seules pensées, elle comprend que la vérité est bien plus complexe…

Si Harmony s’annonce comme une saga fantastique, ce premier tome entame l’aventure à la manière d’un thriller. Le lecteur et l’héroïne de l’album sont confrontés à de nombreux mystères qu’ils voudraient percer. Un parti pris qui entretient l’intérêt du lecteur d’autant plus que l’auteur a construit un univers qui mêle subtilement fantastique, fantasy et science-fiction… Un mélange plaisant et déroutant que la narration esquisse habilement  en brouillant les pistes. Les  bases de l’intrigue et de l’univers sont introduites par touche et de manière assez floue pour que le suspens reste intact… jusqu’à la fin du tome.
Une fois Memento terminé, la quasi-totalité des questions restent en suspend. Qui est-elle ? Comment s’est-elle retrouvée dans cette cave ? D’où lui viennent ces pouvoirs ? Qui est ce Nita ? Il faudra lire les prochains opus pour le savoir, ce premier tome ne servant finalement que d’introduction à la série. Le plaisir de lecture est pourtant là et, bien que les débuts soient assez lents, le récit joue avec les ambiances et les tonalités pour un résultat très immersif. Prenant, ce premier tome peut également se révéler frustrant tant il est rapide à lire et avare en révélation… mais avec son univers attrayant et ses éléments intrigant, Harmony a de quoi devenir une très bonne saga fantastique.
Le dessin de Mathieu Reynès colle parfaitement au ton grand public de la série : si le trait est accessible, les planches sont assez travaillées pour séduire les lecteur les plus exigeants. On retrouve la pâte du dessinateur dans les différents personnages expressifs et dynamiques (qui rappellent le travail de Reynès dans Alter Ego) dans des cases aux allures cinématographiques. L’aspect propre et informatique pourra refroidir les puristes mais les planches paraissent vivantes grâce au dynamisme du trait et à la modernité du découpage.

Mathieu Reynès joue la carte du suspens et du mystère à fond… au point qu’il est difficile de se prononcer sur Harmony avec ce seul premier tome. Memento est toutefois un album plaisant qui présente un univers intriguant avec une narration moderne et maîtrisée. Les bases désormais plantées, espérons que  les prochains opus de Harmony sauront exploiter toutes les bonnes idées esquissées jusqu’ici !

Melvile, T2 : L’Histoire de Saul Miller, de Romain Renard, aux éditions Le Lombard, 22,50 € : Bulle d’Argent

melvile-t2-couv…Melvile, T2 : L’Histoire de Saul Miller, de Romain Renard, aux éditions Le Lombard, 22,50 € : Bulle d’Argent

Romain Renard nous présente un deuxième habitant de sa ville à l’univers « lynchien » : Melvile. Ce deuxième tome nous conte l’histoire de ce quinquagénaire retraité de l’université qu’une malheureuse rencontre va obséder. Une histoire complète à l’atmosphère pesante qui s’inscrit dans un projet complet.

Pour les habitants du coin, Saul Miller c’est « le prof », l’intellectuel de Melvile. Cet astrophysicien cinquantenaire est revenu vivre dans la maison de son enfance depuis qu’il est à la retraite. Il vit isolé dans les bois et rend régulièrement visite à un couple d’amis qui réside à quelques kilomètres de là. Il accueille régulièrement Mia, la jeune fille de Paz, une serveuse du bar de Melvile avec qui Saul partage un peu plus que de l’amitié. Pour le reste, le retraité tient à sa tranquillité et vit à l’écart des autres personnes.
Un soir, Saul aperçoit un 4×4 qui stationne devant sa maison. En s’approchant, il voit que deux chasseurs tentent de prendre le chemin qu’il a condamné. Les chasseurs expliquent à Saul que ce passage leur ferait gagner deux précieuses heures, mais l’homme ne veut rien savoir : ils ne passeront pas par ce chemin. S’ensuit une discussion houleuse qui va chambouler le retraité. Cette altercation va obséder Saul et l’obliger à se remémorer son passé…

Comme le premier tome, l’Histoire de Saul Miller est un récit complet qui se concentre sur un habitant de cette étrange ville qu’est Melvile. Là-bas, l’isolement est palpable et chacun est mis face à la vérité de son existence. Saul est justement rattrapé par son passé qui lui est rappelé par une bande de chasseurs inquiétants. Les faces à faces tendus et réguliers vont obséder l’astrophysicien qui sombre peu à peu dans la paranoïa et la folie. Le récit se teinte peu à peu de fantastique sans jamais y céder totalement. S’installe ainsi une ambiance pesante où tout est suspendu jusqu’à l’inévitable explosion finale.
Dans Melvile, les habitués des films de David lynch naviguent en terrain connu et retrouvent une atmosphère si puissante et particulière. La narration volontairement traînante prend le temps d’installer son histoire, ses personnages et son ambiance pour mieux happer le lecteur dans son univers. Une fois immergé, difficile de se sortir de cet album qui joue avec nos nerfs. Le lecteur aguerri pourra regretter une fin un peu attendue et une intrigue finalement assez classique, mais rien que pour son atmosphère, L’Histoire de Saul Miller vaut le détour.
Romain Renard a élaborée une technique hybride qui confère à Melvile une véritable identité visuelle. Les planches aux teintes sépia très travaillées multiplient les jeux de lumières et semblent baigner dans un climat brumeux et éblouissant. Les personnages quoiqu’un peu rigides, sont assez expressifs et donnent vie à ce récit où la tension est avant tout psychologique. Avec ses dessins si singuliers et son sens de la mise en scène, Renard embarque sans peine le lecteur dans son univers à la limite du fantastique.

L’Histoire de Saul Miller confirme le talent de Romain Renard qui a construit avec Melvile un univers frissonnant où la folie tutoie le fantastique. Immersif et prenant au possible, ce thriller manque juste un peu de surprise pour se révéler exceptionnel. Mais pour ceux qui aiment les récits puissants et les ambiances de plomb, Melvile est une série à ne pas manquer… D’ailleurs pour approfondir cette expérience, une application permet d’accéder à des accompagnements sonores, des musiques et d’autres documents … Des bonus bienvenus qui viennent enrichir un univers cohérent.

LES TOURBIERES NOIRES, de Christophe Bec, aux éditions Glénat, 14,95 € : Boooffff

tourbieres-noires-couv…LES TOURBIERES NOIRES, de Christophe Bec, aux éditions Glénat, 14,95 € : Boooffff

Pour son retour en tant qu’auteur complet, Christophe Bec propose une libre interprétation d’un conte de Maupassant. Les Tourbières noires se pose comme un album horrifique où la frontière entre fantastique et folie est ténue. Une ambiance forte qui ne parvient pas à dissimuler les facilités scénaristiques de ce one-shot.

Antoine, un jeune photographe, est venu dans la région des monts d’Aubrac afin de prendre des clichés des tourbières de la région. Plongé dans sa contemplation du paysage, il n’a pas vu la nuit et le brouillard s’installer. Perdu dans cette purée de pois, il aperçoit un petit gîte qui pourrait lui servir de refuge. L’accueil du propriétaire des lieux, qui ouvre sa porte le fusil à l’épaule, n’est pas pour vraiment pour rassurer Antoine …
Dans une ambiance de plomb, le photographe fait rapidement  connaissance avec Baptiste et Mélodie, sa jeune et jolie fille, qui lui offrent le gîte pour la nuitée. Le père parait très agité et semble guetter les abords de sa propriété avec anxiété. Persuadé que l’homme est fou, Antoine part se coucher en espérant trouver le sommeil au plus vite. Cependant, quelques temps plus tard, Mélodie surgit dans la chambre du photographe en tenue légère. Antoine est sur le point de passer une longue nuit…

De l’oeuvre originelle de Maupassant, Bec ne garde que le thème principal, l’ambiance et la structure générale, tout en réinterprétant le contexte du récit. Un choix audacieux qui prend forme dans les premières planches réussies de l’album. Après un rapide préquel, on suit le jeune Antoine avec en fond, une voix off qui emprunte les mots de Guy de Maupassant. Si la prose peut paraître un peu anachronique, on se laisse happer par l’ambiance froide et les paysages de l’Aubrac. La tension monte jusqu’à arriver à un inquiétant huis clos. C’est à partir de ce moment que le récit se gâte…
Une fois les bases du huis clos installées, difficile d’être surpris par Les Tourbières Noires. Le scénario repose sur des ficelles qui paraissent bien faciles et on a parfois l’impression que l’auteur fait des appels du pied un peu trop appuyé. Tout cela ajouté aux répliques parfois bancales, aux événements inutiles et à l’érotisme facile fait oublier l’ambiance pourtant habilement installée dans la première partie du one-shot. Alors que le jeu entre folie et fantastique paraît intéressant, le manque de suspens dû aux  procédés scénaristiques évidents met à mal le plaisir de lecture.
Au dessin, Bec montre toutefois qu’il n’a rien perdu de son talent. Son trait réaliste et ses couleurs sombres magnifient les paysages de l’Aubrac . Les cadrages dynamiques, les couleurs sombres et les jeux de lumière installent parfaitement l’atmosphère angoissante de l’album. Graphiquement, le résultat est très réussi mais ne parvient pas à masquer les maladresses de l’intrigue.

Pour son retour en tant qu’auteur complet Bec assure une partition graphique réjouissante mais pêche un peu côté scénario. Cette adaptation très libre du conte de Maupassant parait trop conventionnelle pour surprendre le lecteur qui voit la promesse d’un récit horrifique s’éloigner peu à peu. La lecture des Tourbières Noires est d’autant plus frustrante qu’une ambiance angoissante et de très belles planches sont au rendez-vous.

…LE CHANT DES RUNES, T1 : La première peau, de Runberg et Poupard, aux éditions Glénat, 13,90€ : Bulle d’Argent

chant-des-runes-couv…LE CHANT DES RUNES, T1 : La première peau, de Runberg et Poupard, aux éditions Glénat, 13,90€ : Bulle d’Argent

Sylvain Runberg et Jean-Charles Poupard ont concocté, avec Le chant des Runes, un thriller nordique mâtiné de fantastique. Deux enquêteurs y font leur possible pour élucider l’affaire de la disparition d’Anna Thorqvist, la pop star la plus célèbre de Suède… Pour ce faire, ils vont devoir faire preuve d’une grande ouverture d’esprit et sortir des sentiers battus.

Stockholm, le 20 février 2016. C’est l’heure de la répétition pour les participants de PopMaster qui débutera le lendemain soir. C’est justement au tour de la favorite, Anna Thorqvist, de faire son tour d’essai… mais la jeune femme est en retard. Agacée par ce contretemps, son agent décide de rentrer dans sa loge et fait une inquiétante découverte : la jeune chanteuse semble avoir disparu et les murs de sa loge laissent apparaître d’étranges inscriptions sanguinolentes. Les enquêtrices Eva et Thérèse sont envoyées sur place afin de résoudre cette affaire au plus vite et en toute discrétion.
Dans de telles circonstances, Eva et Thérèse pensent forcément aux pistes habituelles : disparition volontaire afin de susciter le « buzz », jalousie de la part de la principale rivale. vengeance de l’ancien agent…  Alors qu’elles pensent être sur la bonne piste, les deux détectives se ravisent rapidement en apprenant qu’une concurrente d’Anna a disparu dans les mêmes circonstances, avec les mêmes runes de sang inscrites sur les murs. Que peuvent donc bien signifier ces inscriptions vikings ?

Le thriller nordique n’a plus de secret pour Sylvain Runberg qui est  aux commandes de la série incontournable Millénium. L’auteur préserve ainsi l’approche froide et glauque de cette dernière mais en y ajoutant une touche de fantastique. Pourtant, mis à part les inscriptions runiques, rien ne laisse présager, dans la première partie de l’album, le  tournant surnaturel que prend le récit. On cerne progressivement les personnalités des protagonistes au fil des dialogues et des passages mettant en scène leur quotidien de façon réaliste. Un début d’enquête assez classique qui prend toute son envergure lors de l’apparition d’un  archéologue qui semble savoir ce que signifie ces runes vikings.
Bien que le pitch du Chant des runes ne soit pas ce qu’on a vu de plus original ces derniers temps, Runberg parvient sans peine à nous happer dans une ambiance sombre et glaçante. En entrecoupant l’intrigue principal de scènes fortes qui ont de quoi faire frissonner le lecteur. Le suspens est savamment entretenu dans ce récit qui multiplie les fausses pistes jusqu’à un final étonnant qui dévoile la part fantastique de cette histoire… et donne furieusement envie de lire la suite de l’aventure.
Le trait réaliste de Jean-Charles Poupard sied parfaitement au récit et à son ambiance. Les personnages sont expressifs et les décors font l’objet d’une attention particulière. Bien que le tout puisse paraître un peu sage, on est face à une partition graphique très efficace qui plonge quasi-instantanément le lecteur dans son ambiance sordide. On peut également remarquer les couleurs de Johann Corgié qui effectue un travail sur l’atmosphère de l’album avec un jeu de lumière omniprésent qui parait parfois un peu trop informatique.

Le chant des runes s’annonce comme un thriller nordique des plus prenants, bien que ce premier tome, très introductif, ne laisse filtrer que très peu d’informations concernant sa part fantastique. Prenant et assez rythmé, La première peau débouche sur une dernière scène « coup de poing » qui donne furieusement envie de lire la suite. Un début prometteur donc pour le Chant des Runes, dont la première enquête est annoncée en deux tomes.

YIN ET LE DRAGON, T1 : Créatures célestes de Marazano et Xu Yao aux éditions Rue de Sèvres, 14 € : Bulle de Bronze

yin-et-le-dragon-couv…YIN ET LE DRAGON, T1 : Créatures célestes de Marazano et Xu Yao aux éditions Rue de Sèvres, 14 € : Bulle de Bronze

Alors que le troisième tome du Monde de Milo vient de paraître, Richard Marazano publie le premier tome de sa série tout public à l’univers asiatique : Yin et le Dragon. On y suit la route de Yin, une petite fille chinoise élevée par son grand-père qui va faire une rencontre inattendue… Un conte fantastique dans un contexte historique bien retranscrit, une oeuvre jeunesse mais pas simpliste.

Shanghai, 1937, alors que la côte chinoise est sous le joug de l’armée impériale japonaise. La petite Yin essaye tant bien que mal d’aider son grand-père, la seule famille qui lui reste. Ce pêcheur, qui a vu disparaître ses proches les uns après les autres, ne vit que pour nourrir et élever sa petite-fille qui lui en fait voir de toutes les couleurs. Malgré les déboires qu’elle connaît avec les bandes de jeunes voleurs du coin la jeune fille va toujours de l’avant avec la même intrépidité.
Un soir, malgré les interdictions de son grand-père, Yin décide de se faufiler sur son bateau de pêcheur. Lorsque le grand-père s’aperçoit que sa petite-fille est sur son embarcation, il n’a pas vraiment le temps de la sermonner : un dragon d’or s’est pris dans son filet. Alors que l’animal légendaire est blessé par un malheureux concours de circonstances, Yin, se sentant coupable, supplie son grand-père de le ramener sur terre et le soigner. Mais cacher et nourrir une pareille créature n’est pas une mince affaire, surtout qu’il faut éviter d’attirer l’attention des soldats japonais…

Marazano n’en est pas à son coup d’essai en termes de série jeunesse aux accents asiatiques et après le très réussi Monde de Milo, c’est avec Yin et le Dragon qu’il récidive. On retrouve l’ambiance chinoise mais dans un contexte historique particulier : le début de la seconde guerre sino japonaise. On parcourt alors les rues pittoresques d’un Shanghai occupé aux côtés de la jeune Yin, une jeune fille qui a l’aventure dans le sang. On part de ce portrait familial empathique pour peu à peu entrer dans le cœur de l’aventure lors de la rencontre avec le dragon d’or.
Le point fort de Yin et le dragon réside bien sûr dans son univers légendaire asiatique accessible. L’oeuvre nous plonge dans un contexte historique pour livrer un récit humain teinté de légendes chinoises, le résultat est dépaysant. Malgré son ton jeunesse et sa structure simple, le récit est toutefois assez rythmé et prenant pour que chacun y prenne du plaisir, bien que les adultes pourront ressentir un certain manque de contenu. Ce premier tome prend son temps pour poser les bases de l’histoire mais propose une révélation finale qui augure d’inquiétants événements à venir et donne envie de connaître la suite.
Le travail réalisé par Xu Yao confère un surplus d’authenticité à Yin et le dragon. Son trait au style asiatique est fin, subtil et accessible tandis que ses couleurs très réussies installent à merveille les différentes ambiances traversées. Le découpage reste sage mais l’aspect onirique des planches devrait ravir les lecteurs de tout âge.

C’est avec plaisir qu’on repart dans les légendes asiatiques aux côtés de Marazano. Aventure, univers enchanteur et fond historique sont au rendez-vous de ce  premier tome qui reste moins élaboré que Le Monde de Milo. Le récit onirique et prenant et les jolies illustrations de Créatures célestes donnent envie de lire la suite de l’aventure (prévue en 3 tomes) qu’on espère plus épique.

L’ETE DIABOLIK, de Smolderen et Clérisse, aux éditions Dargaud, 21€ : Bulle d’Argent

ete-diabolik_couv…L’ETE DIABOLIK, de Smolderen et Clérisse, aux éditions Dargaud, 21€ : Bulle d’Argent

Après Souvenirs de l’Empire de l’Atome, Smolderen et Clérisse délaissent la science-fiction rétro-futuriste pour livrer un polar délicieusement rétro. Sur fond d’espionnage, L’été Diabolik nous conte l’histoire d’Antoine qui est le témoin de nombreux événements étranges sans en comprendre le sens. 20 ans plus tard, il va faire des découvertes qui vont lui ouvrir les yeux…

1967, pendant les vacances d’été. Antoine, un jeune homme de 15 ans remporte un petit tournois de tennis en venant à bout de son adversaire, Erik. Si sur le terrain, les deux joueurs ont une attitude exemplaire, il n’en est pas de même dans les gradins. Outré par le résultat final, le père d’Erik sort de ses gonds et s’en prend à Louis, le père d’Antoine. Un incident apparemment anodin qui va pourtant être le point de départ de nombreux autres événements étranges.
Tout commence par une discussion entre Louis et monsieur De Noé qui fait état d’un certain Popov, un espion qui aurait refait surface. Le même soir, en rentrant chez eux, Louis et Antoine sont pris en chasse par le père d’Erik. Le lendemain le père et le fils apprennent que leur poursuivant a trouvé la mort au cours de cette course poursuite. Des événements intenses qui vont en amener d’autres et que le jeune Antoine a du mal à expliquer… d’autant plus que ces vacances sont aussi synonymes pour lui de rencontres, de premier amour et de premier trip sous LSD…
20 ans plus tard, Antoine a écrit un roman retraçant ces événements qu’il ne s’explique toujours pas. Mais un contact va lui donner quelques indices qui vont le mener sur le chemin de la vérité.

Dans L’été Diabolik, Thierry Smolderen s’inspire des oeuvres qu’il a lu dans sa jeunesse pour créer un thriller sur fond d’espionnage au ton résolument rétro. On suit dans un premier temps le jeune Antoine qui assiste et participe à de nombreux événements sans en comprendre les enjeux, trop occupé qu’il est  à vivre sa jeunesse. Puis l’auteur nous propose une deuxième partie de récit où le même Antoine désormais 20 ans plus âgé va découvrir les clés de sa propre histoire. Savamment construit, le récit use de tous les bons ingrédients du thriller pour susciter la curiosité du lecteur en lui donnant envie de connaître le fin mot de l’histoire.
Si la plupart des révélations sont surprenantes, on peut toutefois tiquer face à la grande naïveté du personnage principal qui met parfois beaucoup de temps à comprendre certains éléments qui paraissent évidents au lecteur. Mais, dans l’ensemble, on savoure ce récit en deux temps et on prend un malin plaisir à refaire le cours des événements de la première partie avec les révélations de la deuxième en tête. Finalement, avec son univers très référencé et son intrigue qui joue avec les attentes du lecteur, L’été Diabolik est un thriller des plus prenants.
Graphiquement, on retrouve la pâte graphique si particulière d’Alexandre Clérisse. Avec ses tracés simples et ses aplats de couleurs vives, le dessinateur adopte un style qui colle parfaitement à l’ambiance rétro du récit. Son art du cadrage et du découpage est remarquable et s’adapte merveilleusement au récit (mention spéciale pour le trip sous LSD d’Antoine). Bien sûr, avec un style si particulier et des partis pris si tranchés, le travail de Clérisse ne plaira pas à tout le monde et l’aspect graphique pourra rebuter certains lecteurs… qui passeraient à côté d’un très bon thriller.

L’été Diabolik fait sans aucun doute partie des sorties réjouissantes de ce début d’année. Son ambiance rétro et référencée est délectable à souhait, même si la naïveté du personnage principale peut parfois agacer. Le traitement graphique de Clérisse colle parfaitement au récit malgré son style si particulier qui rebutera certains lecteurs (quand il ravira les rétines d’autres). Bref, pour tout amateur de thriller teinté d’espionnage qui n’est pas réfractaire aux planches de Clérisse, L’été Diabolik est une lecture hautement conseillée.

AZIMUT, T3 : Les anthropotames du Nihil, de Lupano et Andreæ, aux éditions Vents d’Ouest, 13,90 € : Bulle d’Or

azimut-t3-couv…AZIMUT, T3 : Les anthropotames du Nihil, de Lupano et Andreæ, aux éditions Vents d’Ouest, 13,90 € : Bulle d’Or

Cela faisait près de deux années que nous l’attendions, et voilà que le troisième tome d’Azimut débarque en ce début d’année 2016. La série de Lupano et Andreæ continue sur sa lancée loufoque avec un album toujours aussi beau et rythmé !

Les deux premiers tomes d’Azimut ont su nous transporter au sein d’un univers foisonnant où l’espace et le temps sont malléables. Dans ce monde qui a perdu son nord magnétique, on a pu assister au vol de crônes orchestré par la belle et plantureuse Manie Ganza en quête de jeunesse éternelle. Mais pour réaliser son rêve, Manie a dû faire un ignoble pacte avec la banque du temps… le monde d’Azimut est au bord de la guerre et les Primordiaux ne semblent pas particulièrement préoccupés par le sorta qui attend les humains.
On retrouve donc dans ce troisième tome la belle et ses compagnons de fortune perdus dans le désert. Alors que la bande croise un groupe de moines qui servent le Livre des Réponses, ils sont attaqués par l’armée de la mère de Manie Ganza, Reine de son état. Excédée par la beauté de son enfant qui ne subit pas les affres du temps, la reine compte bien supprimer sa fille de la surface du globe. Mais ce désert cache une âme secourable insoupçonnée !
De son côté, le professeur Aristide Breloquinte et son équipage touchent bientôt au but de leur expédition. Ils sont sur le point de découvrir les secrets du temps…

Avec son monde fantastique foisonnant et singulier Azimut a su s’attirer la sympathie des lecteurs. Juste retour des choses, tant cette série bénéficie de qualités indéniables : rythme effréné, aventures loufoques, bestiaire étonnant, univers inventif, personnages originaux et attachants… sans oublier les magnifiques planches en couleurs directes de Jean­-Baptiste Andréae. Lupano montre tout son talent avec un récit éclaté où une palette de personnages très variée nous fait vivre une aventure riche en surprises et en rebondissements.
Seulement à force d’ouvrir des pistes narratives le deuxième tome pouvait donner au lecteur une impression de confusion . Avec ce troisième tome, le scénariste calme nos inquiétudes et prouve qu’il sait parfaitement où il va. L’intrigue est toujours aussi riche, l’aventure toujours aussi rythmée et farfelue et les révélations se multiplient tout en entretenant une part de mystère. La curiosité du lecteur est stimulée durant tout l’album qui, une fois terminé, donne une furieuse envie de connaître la suite.
C’est avec un grand plaisir qu’on retrouve le travail d’Andreæ qui, avec ses magnifiques couleurs directes, participe grandement au cachet d’Azimut. Son style unique donne vie à un monde baroque au possible parcouru par des personnages burlesques et fourmillant de trouvailles graphiques. A l’aise dans tous les compartiments, le dessinateur a créé un univers à l’esthétique farfelue mais cohérente avec un certain génie. On remarque toutefois que le soin apporté aux détails, notamment en arrière-plan, semble un peu en retrait… mais certainement pas de quoi ternir cette magnifique composition graphique !

Andréae et Lupano sont aux commandes d’une des séries les plus réjouissantes de ces dernières années. Ce troisième tome entame les révélations tout en conservant une large part de mystère au fil d’un récit savoureux et rythmé. Certes, Azimut va dans tous les sens et peu paraître farfelu, mais c’est ce qui fait toute la saveur de cette aventure ubuesque qui touche à des sujets existentiels.

ARENE DES BALKANS, de Thirault et Miguel, aux éditions Les Humanoïdes associés, 17,95 € : Bulle d’Or

arene-des-balkans-couv…ARENE DES BALKANS, de Thirault et Miguel, aux éditions Les Humanoïdes associés, 17,95 € : Bulle d’Or

Inspiré de faits réels, Arène des Balkans est un thriller au réalisme inquiétant. Un expatrié croate revient dans sa ville natale, après 20 années d’absence, mais rapidement son fils se fait kidnapper pour participer à des combats d’enfants ! Le père va tout faire pour retrouver son enfant dans ce pays qui lui semble désormais étranger…

Cela fait 20 ans que Frank Sokol n’est pas retourné dans sa Croatie natale. Pompier à Thunder Bay, au Canada, il élève comme il le peut son fils, depuis que sa femme est morte. En réalité se sont plutôt les beaux-parents de Frank qui ont élevé Ben ces dernières années. Lors d’une discussion houleuse avec eux, Frank reçoit un coup de téléphone : sa mère vient de décéder. Il décide de partir en Croatie, avec Ben, et peu importe ce que pourront dire ses beaux-parents. Ben va enfin rencontrer sa famille croate !
Une fois arrivés à Rijeka, les choses ne se passent pas pour le mieux pour le père et son fils. Anto, le frère de Frank, lui reproche de les avoir abandonnés pendant que lui s’occupait de la famille. Ben, quant à lui, n’arrive pas vraiment à s’intégrer parmi les jeunes. Vu comme l’occidental douillet qui ne comprend pas un mot de croate, il essuie quelques insultes et autres coups. Dans l’affrontement, le téléphone de Ben est cassé et depuis ses cousins ne l’ont plus revu. Inquiet, Frank se lance dans une traque qui va se révéler effrénée.

Pour construire son Thriller, Philippe Thirault a choisi de s’inspirer de faits réels qui font froid dans le dos. L’auteur parvient à rendre son récit humain en installant dans un premier temps la situation de Ben et son père et les relations familiales conflictuelles. Une approche réaliste qui renforce la tension engendrée par la disparition de Ben. Le récit se dédouble alors, nous montrant d’un côté l’horrible exploitation de Ben et de l’autre le père qui se heurte aux policiers corrompus et se lance à corps perdu dans l’action.
Après un début un peu calme, Arène des Balkans déroule ensuite un récit haletant à la narration dynamique. Si le scénario en lui-même est assez classique, la mise en scène et l’approche réaliste rendent ce récit glaçant. On est indigné face aux ignominies dont les enfants sont victimes et on trépigne en suivant le père qui se démène avec son frère et son neveu. Seul le final, un peu rapide et facile, peut laisser le lecteur sur sa faim, mais la dernière case emplie de sous-entendu ne peut laisser qu’un goût âpre.
Dans un style réaliste, Jorge Miguel s’est parfaitement adapté au récit d’Arène des Balkans. Les cases à l’encrage appuyé sont très convaincantes qui, comme les couleurs, font dans la sobriété. Sans être grandiose, le dessin froid et parfois un peu trash sert tout à fait la narration . On peut reprocher quelques cases un peu trop statiques avec des personnages parfois rigides.

Arène des Balkans est un thriller dur, froid, qui parvient à captiver le lecteur par son récit à la fois prenant et révoltant. Après un début très introductif, ce one-shot fait constamment monter la pression avec des scènes chocs. Dommage que la fin se révèle si rapide et abrupte. Mais en préférant le réalisme froid et inquiétant à l’outrance, l’album parvient à toucher et remuer le lecteur.

DESSEINS, d’Olivier Pont, aux éditions Dargaud, 17,95 €

desseins-couv…DESSEINS, d’Olivier Pont, aux éditions Dargaud, 17,95 €

Olivier Pont, auteur du très bon diptyque Où le regard ne porte pas, revient avec DesSeins, un recueil de 7 portraits de femmes. Des histoires courtes aux thématiques diverses qui mettent toutes en lumière une femme forte, alors qu’elle vit un moment important de sa vie. Un album féministe, doux et bienveillant qui manque tout de même un peu de puissance.

Chloé est une jeune fille androgyne qui peine à trouver sa place au sein du Lycée où les filles populaires prennent toute la place. Complexée par sa petite poitrine, les séances de sport à la piscine sont un véritable calvaire pour elle.
Mathilde, mère de deux enfants, ne vit pas vraiment un mariage heureux. En ce jour de mai 68 elle décide de se libérer de son carcan familial pour affirmer sa liberté au sein des manifestations.
Alison est une ancienne actrice de films érotiques qui voudrait se reconvertir dans le cinéma classique. Elle veut à tout prix éviter de tourner des scènes de nu mais les réalisateurs espèrent bien exploiter la plastique de la jeune femme.
Sylvia est une femme tout en rondeur qui a vécu de beaux moments avec son mari… qui ne la désire plus comme avant. L’homme a préféré se trouver une maîtresse plus jeune et moins en chair et sa femme compte bien lui faire payer cet affront.
Lorsqu’elle voit qu’une école d’art plastique cherche des modèles pour faire des nus, Fanny se dit qu’elle a l’opportunité de garder une image de son corps pour l’instant épargné par les ravages du temps.
Au cœur d’un petit village africain, Elikya va être mariée de force à un homme qu’elle ne désire aucunement. Elle va fuir pour échapper à ce triste destin et faire ainsi une rencontre salutaire …
Fleur conseille au mieux les clients et clientes qui passent la porte de sa petite boutique de lingerie. Sa capacité à écouter et à répondre au mieux aux demandes de ses clientes en fait à leurs yeux une véritable confidente.

Dans DesSeins, Olivier Pont livre 7 histoires courtes, 7 portraits de femme avec comme fil rouge leur poitrine, source d’émerveillement et de doute. Mais ne vous y trompez pas, si les poitrines sont bien de la partie, l’érotisme est ténu et ce sont les émotions qui sont au centre de l’album. Chaque nouvelle nous présente une femme forte, certaines au destin attendrissant, d’autres au parcours tragique. Jouant sur une ambiance douce et subtile, Olivier Pont joue des silences et des sous-entendus… Une approche subtile qui donne parfois une impression de vide aux histoires.
Difficile pour un recueil de nouvelles d’être constant dans la qualité des récits. C’est bien le cas ici, puisque si certaines histoires se révèlent touchantes, d’autres paraissent plus faciles et usent quelquefois de clichés gênants. On perçoit bien tout l’amour que porte Olivier Pont au beau sexe mais on n’est pas toujours touché par les portraits, malgré l’effort fait pour toujours finir sur une image forte… on reste parfois de marbre. Toutefois, l’auteur parvient à nous plonger dans le quotidien de chacune de ces femmes en quelques cases à peine, ce qui montre une grande maîtrise narrative de sa part.
Au dessin, Olivier Pont propose des planches au style semi-réaliste avec un petit effet crayonné très plaisant. Un rendu moderne qui dégage une réelle personnalité et qui met en lumière les différentes femmes croisées au fil des pages, qu’elles soient des personnages principaux ou non. Des portraits diversifiés qui montrent que l’auteur/dessinateur s’intéresse à toutes les femmes. On peut également saluer les couleurs lumineuses de Laurence Croix qui complètent bien les encrages de l’auteur et offrent un aspect épuré et doux qui colle au ton de l’album.

Sympathique mais inégal, DesSeins est un recueil de nouvelles parfois touchant qui tente de rendre hommage aux femmes en passant parfois un peu à côté de son sujet. On a droit à de beaux portraits qui sont parfois entachés par des clichés ou un ton trop doucereux. Reste une oeuvre sensible et subtile entièrement vouée aux femmes qu’Olivier Pont croque très joliement !