LES CINQ DE CAMBRIDGE, T1 : Trinity, de Lemaire et Neuray, aux éditions Casterman, 13,50 € : Booofffff

cinq-cambridge-t1-couv…LES CINQ DE CAMBRIDGE, T1 : Trinity, de Lemaire et Neuray, aux éditions Casterman, 13,50 € : Booofffff

Après le diptyque Les cosaques d’Hitler, Valérie Lemaire et Olivier Neuray s’intéressent à nouveau à un fait historique méconnu. Les cinq de Cambridge, nous conte l’histoire vraie de 5 anglais ayant étudié à Cambridge qui, pendant des années, vont espionner le gouvernement britannique pour le compte de l’URSS.

1979, Royaume-Uni. Un scandale fait la une des journaux : 5 personnalités anglaises haut placées ont espionné, depuis les années 30, le gouvernement britannique au profit de l’URSS. Interrogé par les neveux d’Edouard, ancien cosaque d’Hitler, Anthony Blunt accepte de revenir sur l’histoire des 5 de Cambridge dont il a fait partie.
Au début des années 30, l’Europe était en proie aux conséquences de la crise de 1929. Alors que le parti National d’Adolf Hitler devenait toujours plus populaire en Allemagne, des européens se tournaient vers les idées socialistes et communistes. Ce fut le cas de Harold Philby, un étudiant de Cambridge qui a parcouru l’Angleterre à moto et a pu découvrir les inégalités stupéfiantes de son pays. Il a vu les conditions de vie et de travail effroyables des ouvriers anglais qui n’ont pourtant pas hésité à le soigner lorsqu’il est tombé de sa moto.
Quand il rencontre Guy Burgess, un étudiant homosexuel qui aime à jouer les provocateurs, Harold décide d’agir. Avec 3 autres étudiants proches des sphères marxistes, ils vont se créer des personnages « respectables » pour occuper des postes à haute responsabilité…

Si les neveux d’Edouard forment un trait d’union entre Les cosaques d’Hitler et Les cinq de Cambridge, ce dernier diptyque peut se lire indépendamment. Valérie Lemaire revient donc une nouvelle fois sur des événements historiques édifiants et méconnus du grand public. On y voit comment ces 5 étudiants de Cambridge aux idéaux marxistes vont se créer des personnalités plus traditionnalistes pour occuper des postes importants. De là, ils espionneront les anglais en toute quiétude pour le compte du KGB.
Ce premier tome se focalise sur leurs débuts et leurs tentatives d’infiltrer les hautes sphères. Très introductif, l’album manque clairement de rythme et de sel. L’œuvre se veut proche des faits historiques et on assiste à leur « complot » sans en ressentir le danger ou les enjeux, dans une lecture qui manque de romanesque et de mise en scène. D’ailleurs la narration dense et complexe, semble parfois confuse et parasite quelque peu la lecture. Du coup, il est difficile d’être happé par le récit qui devrait toutefois plaire aux passionnés d’Histoire.
Le dessin réaliste très appliqué d’Olivier Neuray a un petit côté ligne claire qui rend les cases très lisibles. Son style assez académique ne lésine pas sur les détails et, associé à des aplats de couleurs, colle assez bien à l’ambiance britannique d’alors. Seulement, le tout manque un peu de personnalité et renforce la « froideur » de ce récit historique.

La principale qualité de ce premier tome des Cinq de Cambridge est l’histoire vraie édifiante qui nous est dépeinte. Outre sa valeur historique, l’album souffre d’un récit dense et trop plat qui peut plonger le lecteur dans la confusion. De son côté, le dessin assez joli de Neuray manque de personnalité pour nous permettre de nous immerger dans l’histoire. Bref Les cinq de Cambridge est à réserver aux passionnés d’Histoire plus concernés par le fond que par la forme.

Guillaume Wychowanok

Alvin, T1 : L’héritage d’Abélard, de Hautière et Dillies, aux éditions Dargaud, 13,99 € : Bulle d’Ar’, de Bron’, de Brongent !

alvin-t1…Alvin, T1 : L’héritage d’Abélard, de Hautière et Dillies, aux éditions Dargaud, 13,99 € : Bulle d’Ar’, de Bron’, de Brongent !

Après Abélard, Régis Hautière et Renaud Dillies nous offrent un nouveau diptyque empreint de poésie intitulé Alvin. On y retrouve Gaston miné par la mort de son ami et les conditions de vies éreintantes d’un New York gangrené par la misère. Mais l’ours mal léché ne va pas tarder à faire une rencontre inattendue… 

Gaston n’a pas oublié Abélard, l’ami avec qui il avait voyagé pendant si longtemps. L’ours est désormais ouvrier du bâtiment au sein de la Grosse Pomme. Après avoir passé la journée à travailler sur un gratte-ciel disproportionné, il se rend au café du coin, seul. Son collègue Pavlo ne voudrait pas tomber dans le piège habituel du poker. Sur place Gaston va passer un moment dans les bras de Purity, jeune, belle et bienveillante prostituée. Avec elle, il aime à parler, à s’échapper de la triste réalité de son existence pour un moment…
Le lendemain, de retour au café, Gaston apprend que Purity a été passée à tabac par un client. Sentant qu’il ne lui reste que quelques heures à vivre, elle confie ses économies à Gaston pour qu’il cherche une famille à son fils. L’inévitable arrive et l’ours doit annoncer la triste nouvel au désormais orphelin Alvin. Il comprend rapidement que l’enfant est des plus turbulents… mais une promesse est une promesse. Ensemble, ils vont voyager à la recherche d’une nouvelle famille pour ce petit oisillon aux ailes brûlées.

Alvin est en quelques sortes la suite d’Abélard. On y retrouve le même univers tendre, mélancolique et poétique, on suit de nouveau les pas de Gaston, inconsolable depuis la mort de son ami. S’il s’inscrit dans la droite lignée d’Abélard, ce diptyque peut se lire indépendamment sans problème. Sous ses airs naïfs, Alvin est une bd qui traite de sujets profonds et complexes. On y voit deux âmes brisées par la perte d’un être cher, deux amis qui s’ignorent, deux personnages complexes au caractère bien trempé. Si on se laisse charmer par le ton naïf de l’œuvre, on s’attache à ce duo improbable aux côtés desquelles on fait moult rencontres surprenantes, on passe de l’espoir à la déception, du dégout à la tendresse. Au fil des pages, la mélancolie se fond à la joie de vivre, les planches se dévoilent avec fluidité.
Seulement, le ton gentillet et assez enfantin de l’œuvre n’est pas pour plaire à tout le monde et, effectivement, cette bd a divisé les lecteurs de la 9eme bulle. Il faut avouer qu’il s’agit d’une œuvre à laquelle on n’adhère ou pas. Le récit n’hésite pas à jouer de silences lourds de sens et se montre assez contemplatif, mais le manque d’action et de rebondissement rend la lecture assez linéaire et installe une sorte de faux rythme. La débauche de bons sentiments peut aussi  donner l’impression d’un manque de profondeur aux lecteurs les plus avertis.
Le travail de Renaud Dillies revêt une cohérence et une originalité admirable. Simple mais recherché, délicat et évocateur le trait à l’aspect crayonné du dessinateur est réussi. Les personnages sont expressifs à souhait et l’on partage sans peine leurs sentiments. L’aspect assez stylisé et enfantin ne fera pas l’unanimité auprès des plus grands. Le découpage est ingénieux et réserve de jolies surprises aux lecteurs. Bref, derrière ses apparences enfantines, le dessin a de quoi charmer bon nombres de lecteurs.

Que ce soit son univers, son atmosphère, son graphisme, son scénario ou ses dialogues, tout dans ce premier tome d’Alvin rappelle Abélard. Les plus laids sentiments côtoient les plus beaux dans cet album qui privilégie poésie et mélancolie au détriment du rythme et de la profondeur. Samantha et Laurent lui attribueraient une bulle de Bronze à cause de son manque de sel et son ton simplet. Quant à Ingrid et moi, plus charmé par le duo de personnages et l’univers graphique, je lui décernerais une bulle d’Argent… ce sera donc Bulle de Brongent !

Guillaume Wychowanok

Oui ! 101 questions à se poser avant de se marier, de Margaux Motin et Pacco aux éditions Delcourt, 24,95 € : Booofffff

oui-couv…Oui ! 101 questions à se poser avant de se marier, de Margaux Motin et Pacco aux éditions Delcourt, 24,95 € : Booofffff

Margaux Motin et Pacco, voilà deux noms qui montent dans le monde de la bd. En couple dans la vie, ces deux auteurs s’associent pour un ouvrage à quatre mains autour du mariage. Ils se proposent de nous souffler les questions importantes à se poser avant de s’unir.

Pacco et Margaux Motin, un des couples les plus glamours du monde de la bd, posent les questions importantes aux futurs mariés, histoire qu’ils prennent leur décision finale avec les bonnes cartes en main. Des plus importantes aux plus anecdotiques, en passant par les plus saugrenues, toutes les questions sont accompagnées d’un texte et d’une illustration pour nous les faire voir sous un angle décalé.

Avec Oui ! 101 questions à se poser avant de se marier, Margaux Motin et Pacco ont voulu réaliser un album à lire en couple. « Est-il déjà marié ?», « Correspond-elle à la femme de vos rêves ?», « Avec combien de ses ex est-il en contact sur Facebook ? », « Êtes-vous capable de l’aider à se dépasser ? » autant de questions qui invitent les amoureux à s’interroger sur un ton qui se veut décalé et bon enfant.
Lorsqu’on ouvre l’album Oui !, on découvre un bel objet à la couverture molletonnée, aux jolies illustrations et à la mise en page aérée. Les premières pages Oui ! se révèlent assez drôle, on remarque rapidement que l’ouvrage est très inégal. Si quelques questions et illustrations font mouche une bonne partie d’entre-elles manquent de saveur et de sel. Certes, il est difficile dans ce type d’ouvrage de garder le même niveau à chaque entrée, mais on aurait aimé retrouver l’humour corsé des auteurs dans les dessins comme dans les textes. Ils prennent peu de risques et nous offrent une lecture sans surprise et trop ciblée. Trop consensuel et trop gentillet, Oui ! déçoit et ne parvient pas à installer de la complicité au fil de ses 216 pages.

Oui ! 101 questions à se poser avant de se marier est un album humoristique qui aurait gagné à être plus mordant et plus régulier, surtout quand on connait les talents de ses auteurs. Malgré la qualité de l’objet, le contenu proposé ne justifie pas l’achat de cet album proposé à près de 25 euros. Un ouvrage à réserver aux fans des auteurs.

Guillaume Wychowanok

ETERNUM, T1 : Le Sarcophage, de Bec et Jaouen, aux éditions Casterman, 13,50 € : Rien

eternum-couv…ETERNUM, T1 : Le Sarcophage, de Bec et Jaouen, aux éditions Casterman, 13,50 € : Rien

Christophe Bec revient avec un triptyque de Science-Fiction, cette fois-ci accompagné de Jaouen au dessin. Eternum  est un album sombre qui s’inspire des films SF des années 80 pour en restituer tout le sel. Le Sarcophage nous embarque  donc dans les méandres de notre galaxie à la découverte d’un mystérieux sarcophage aux pouvoirs inconnus.

An 2297. La Terre a été vidée de l’ensemble de ses ressources naturelles, et l’Homme a dû coloniser les planètes voisines pour espérer en trouver d’autres. Depuis le globe terrestre, des scientifiques observe un immense rayon  cosmique aux origines inconnues qui traverse une galaxie voisine. Au même moment, sur une planète aride située aux confins de la voie lactée, une équipe de mineurs fait la découverte d’un étrange sarcophage. Leurs supérieurs demandent aux ouvriers de taire cette découverte et une expédition de scientifiques et militaires est dépêchée depuis la terre.
41 jours après son départ, l’expédition arrive sur la base minière qui n’a donné aucun signe de vie depuis plusieurs semaines. Sur place, l’équipage découvre des locaux qui semblent abandonnés… Rapidement, ils se rendent compte que la base a été le théâtre d’un véritable massacre. Hommes et femmes se sont entretués et le seul survivant que l’équipe retrouve a perdu la raison. L’expédition va devoir ramener le mystérieux sarcophage sur Terre pour l’analyser sous tous les angles.

Isolement anxiogène, force puissante aux mystérieux pouvoirs, carnage inexpliqué… Christophe Bec ne cache pas s’être inspiré des films de Science-Fiction des années 80. Et il faut bien reconnaître que le scénariste maîtrise son sujet. Ce premier tome évite le faux rythme des habituels tomes introductifs et se révèle intense. On se laisse rapidement happer par l’atmosphère pesante et mystérieuse d’Eternum qui ne traîne pas à installer les principaux éléments de son intrigue. Alors qu’on tente de découvrir la nature du sarcophage, on assiste à la folie grandissante des êtres qui peuplent la base minière. Puis on voit les funestes conséquences de cette hystérie dans une ambiance glauque et oppressante.
Bec montre, une fois de plus, sa maitrise de la mise en scène et ses talents pour construire un univers SF cohérent. La lecture est efficace, agréable et rythmée mais aussi sans surprise… En effet, le scénariste ne semble pas prendre de gros risques avec Eternum. Les habitués de SF évolueront en terrain connu et anticiperont la plupart des événements. De plus, ce premier tome se montre plutôt avare en rebondissements. Des mystères esquissés, seul celui des rayons cosmiques reste entier quand celui du sarcophage ne surprend pas vraiment et donne une impression de déjà-vu.
La partie graphique assurée par Jaouen est la véritable surprise d’Eternum. Avec son trait réaliste, le dessinateur donne vraiment vie à l’univers : les planches fourmillent de détails, les personnages très expressifs paraissent parfois plus vrais que nature et le soin apporté aux décors architecturaux est impressionnant. Les couleurs sombres participent à installer l’ambiance étouffante de l’album, parfois au détriment de la lisibilité. Mieux vaut être dans un espace bien éclairé pour lire et bien comprendre tout ce qui se passe.

Christophe Bec et Jaouen signent une œuvre qui réveillera de vieux et bons souvenirs aux amateurs des films SF de la fin du XXème siècle. Ce premier tome d’Eternum est une lecture agréable et efficace porté par le dessin et les couleurs de Jaouen. On reste toutefois sur notre faim face aux peu de surprises réservées par cet album. Espérons que le prochain tome révélera tout le potentiel de ce triptyque qui a de bonnes cartes en mains.

Guillaume Wychowanok

CONFIDENCES À ALLAH, de Simon et Avril, d’après le roman de Saphia Azzeddine, aux éditions Futuropolis, 18€ : Bulle d’Argent

confidences-a-allah-couv…CONFIDENCES À ALLAH, de Simon et Avril, d’après le roman de Saphia Azzeddine, aux éditions Futuropolis, 18€ : Bulle d’Argent

Après avoir été adapté en pièce de théâtre, le roman Confidences à Allah de Saphia Azzeddine débarque en bande dessinée. Eddy Simon et Marie Avril reprennent les ingrédients qui ont fait le succès de l’œuvre originale en nous plaçant face au témoignage troublant d’une jeune musulmane d’aujourd’hui. 

Jbara vit à Tafafilt, un petit village marocain isolé et entouré de montagnes qu’elle surnomme « le trou du cul du monde ». Elle vit ici parmi ses parents, ses frères et sœurs et les brebis qui leur permettent de survivre. Elle vit comme une véritable domestique et n’hésite pas à coucher avec les bergers de passage en échange d’un Raïbi Jamila, petit et délicieux yaourt à boire. Une valise tombée d’un bus lui offre une passerelle avec la ville. Une aubaine pour cette jeune qui rêve d’ailleurs.
Cet ailleurs, elle va rapidement le rejoindre: quand on découvre qu’elle est enceinte, Jbara est bannie de son village par ses propres parents. Elle se rend alors en ville pour découvrir une vie faite de misère. Dans sa solitude, elle s’adresse constamment à Dieu, seule oreille attentive à ses questionnements. Traitée comme un objet, elle comprend qu’elle va devoir jouer de ses charmes si elle ne veut pas vivre dans le dénuement…

Choquer les esprits est parfois le moyen le plus direct pour toucher les cœurs. Une phrase qui sied bien au roman de Saphia Azzeddine. L’adaptation d’Eddy Simon et de Marie Avril est de la même trempe. On retrouve Jbara et sa voix off qui ne cesse de s’adresser à Dieu, à le questionner sur ses choix, à en comprendre la volonté. Un confident qui ne lui est pas toujours d’une grande aide, car la jeune femme connait la misère, la domesticité, la prostitution, la trahison… et subit tout cela avec une certaine distance, mais garde toujours la force de se battre.
Tous les événements sont montrés de manière crue, sans détour. On assiste à l’exploitation, la violence, la cruauté et l’injustice dans leur plus simple appareil. On est forcément touché par ce qu’il se passe, on s’indigne, on s’émeut, on rit parfois. N’ayant pas de réelle éducation scolaire, Jbara parle de manière simple, sans poésie et souvent avec une certaine vulgarité. Cela gênera sans doute la lecture des amis de la poésie qui pourront trouver le phrasé trop tapageur. On peut ressentir un malaise face à ce trop plein d’irrévérence associé aux événements sordides. Mais cet album n’est pas seulement propice à l’émotion il suscite aussi le questionnement. On est face à une représentation de la place de la femme dans les sociétés guidées par la religion, ce qui pousse à la réflexion. Le discours est simple d’accès, grâce à un récit très rythmé, et diablement efficace.
Le dessin fin très agréable de Marie Avril donne un cachet à cette adaptation. Son trait semi-réaliste exacerbe les émotions des personnages et ajoute une petite dose d’humour à cet univers bien sombre. D’ailleurs les planches très colorées ont un petit côté jovial qui contraste avec la noirceur du récit. De son côté, le jeu des cadrages met bien en valeur les différentes scènes pour susciter les émotions voulues. Sans être un chef d’œuvre graphique, Confidences à Allah est graphiquement agréable et maîtrisé.

Confidences à Allah est une adaptation réussie et sans concession. Les esprits et les âmes sont habilement touchés par cette histoire à la fois choquante et touchante agréablement mise en images. Cet album est un bel hommage rendu aux femmes qui ont le malheur de naître au mauvais endroit, un questionnement de la place de la religion dans la société, une réflexion sur la foi et l’espoir qu’elle suscite. Seule la vulgarité omniprésente pourrait détourner certains de cette lecture nécessaire.

Et le gagnant du 9 d’Or du deuxième trimestre 2015 est …

Le vendredi 26 juin le jury du 9 d’Or se réunissait pour élire la meilleure nouveauté du trimestre. Le jury était composé d’un panel de 13 lecteurs, clients de la 9eme bulle, ainsi que de Laurent, Samantha (vos libraires préférés) et de Guillaume, votre humble scribe. Chacun était invité à classer par ordre de préférence ses 3 bandes dessinées préférées parmi une sélection préétablie. Chaque votant avait 7 points à attribuer : 4 pour sa bd préférée, 2 pour la deuxième et 1 pour la troisième.

C’est autour d’un buffet aux moult victuailles et autres boissons en tous genres que les votes ont été dépouillés dans la joie et la bonne humeur. Sans plus attendre, voici les résultats :

  • L’excellent premier tome de Rosa remporte le 9 d’Or du deuxième trimestre 2015  avec 45 points.
  • Le très bon Rapport de Brodeck est 9 d’Argent avec ses 31 points.
  • Avec tous deux 13 points au compteur, Un Homme de Joie et Le Prédicateur obtiennent le 9 de Bronze.

rosa-t1-couvAvec son histoire surprenante et sa chronique sociale pleine de justesse, Rosa a quasiment fait l’unanimité auprès du Jury et mérite largement son 9 d’Or.
L’univers plus sombre de la dernière œuvre de Manu Larcenet (hérité du roman de Philippe Claudel dont il est adapté) a moins largement séduit, mais remporte une jolie deuxième place, grâce à ses magnifiques dessins et son sens aigu de la narration.
Adapté du roman de Camilla Läckberg, Le Prédicateur a plu à une bonne part de votants et notamment amateurs de polars. Avec son ambiance sensible et contemplative, Un homme de Joie a recueilli aussi sa part de sympathie auprès des lecteurs, bien que plusieurs lui reprochent un manque d’action voire d’intérêt.
Finalement, seul Centaurus échoue au pied du podium, sans doute à cause du manque de prise de risque de cet album qui ne s’éloigne pas vraiment de l’univers habituel de Léo.

La 9eme Bulle remercie les votants pour cette joyeuse soirée où avis et autres tacles ont fusé !

Rendez-vous pour le prochain 9 d’Or !