AMERE RUSSIE, T2 : Les Colombes de Grozny, de Ducoudray et Anlor, aux éditions Bamboo, 13,90 € : Bulle de Bronze

amere-russie-t2-couv…AMERE RUSSIE, T2 : Les Colombes de Grozny, de Ducoudray et Anlor, aux éditions Bamboo, 13,90 € : Bulle de Bronze

Toujours bredouille, Ekaterina continue désespérément de retrouver la trace de son soldat de fils. Bloquée à Grozny, elle va vivre pendant un petit moment le quotidien des civils en pleine guerre, où la légèreté se dispute à la violence. Un tome de fin surprenant pour un diptyque qui l’est tout autant.

Attention ! Pour ceux qui n’ont pas encore lu le premier tome, l’article qui suit contient des spoilers.
Pour lire le résumé du tome 1 d’Amère Russie ainsi que notre avis, cela se passe ici.

À la fin du premier tome, Ekaterina Kitaev avait bien trouvé un soldat nommé Volodia auprès du chef tchétchène Bassaiev, mais ce n’était pas son fils. Le leader tchétchène l’avait faite prisonnière en espérant pouvoir faire un échange avec l’armée russe. Mais la Russie ne fait plus d’échanges de prisonniers : Ekaterina et le soldat aveugle Volodia ne sont plus que des boulets à ses yeux.
Bassaiev décide donc d’envoyer ce duo improbable au sein de l’immeuble des aveugles à Grozny. À l’intérieur, Ekaterina découvre des civils tous aussi étonnants les uns que les autres. Entre deux bombardements et déferlements de violence, les survivants se ménagent un semblant de vie quotidienne et font ce qu’ils peuvent pour mettre le grappin sur les ravitaillements confisqués par divers trafiquants… Dans ce contexte, Ekaterina ne perd pas espoir de retrouver son fils et une rencontre ne va pas tarder à la diriger dans la bonne direction.

Après avoir bravé les dangers pour retrouver son fils et vu la réalité des batailles, Ekaterina Kitaev découvre le quotidien des civils en temps de guerre. Toujours accompagnée de sa chienne, la mère russe fait de son mieux pour survivre au milieu des ruines et des bombardements. Dans l’immeuble des aveugles, elles croisent nombres de personnages émoussés par la guerre. Pourtant, au milieu de cette violence, une part de légèreté persiste : les habitants se ménagent des moments de loisirs avec les quelques heures d’électricité quotidiennes, les enfants se chamaillent pour jouer aux jeux vidéos… Un contraste qui montre toute l’absurdité de la guerre sans l’expliquer ou prendre parti.
Après le relatif calme de l’immeuble, le récit fait de nombreuses révélations jusqu’à un final inattendu. Toutefois, certaines de ces surprises paraissent un peu artificielles et l’auteur ne lésine pas sur les événements tragiques. En passant de l’humour et la légèreté à l’âpreté des événements, l’auteur estompe un peu le surplus de pathos.
Le dessin d’Anlor n’évolue pas vraiment par rapport au premier tome et on retrouve son trait semi-réaliste si particulier. S’ils ne plairont pas à tout le monde, les dessins ont le mérite de mélanger habilement la cruauté et la légèreté, la fragilité et la force. Dommage que le découpage des planches soit si dense et ne permette pas de profiter pleinement du travail de la dessinatrice.

Ce deuxième tome d’Amère Russie, achève joliment la quête de cette mère partie à la recherche de son fils. Bien que certaines ficelles paraissent artificielles et que le pathos soit de mise, le récit est des plus agréables et bénéficie d’une atmosphère unique. Amère Russie montre la guerre d’un point de vue humain, la bataille de mères pour retrouver leur fils avec ce que cela comporte de courage et de force mais aussi de tendresse et de fragilité.
À noter qu’une intégrale version luxe en noir et blanc augmentée d’un cahier graphique de 8 pages est disponible au prix de 39,90 €.

Guillaume Wychowanok

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