AU NOM DU PÈRE, d’Enoch et Accardi aux éditions Physalis, 19,90 € : Bulle de Bronze

Aunomdupere-couv…AU NOM DU PÈRE, d’Enoch et Accardi aux éditions Physalis, 19,90 € : Bulle de Bronze

Avec au nom du père, les deux italiens Luca Enoch et Andrea Accardi nous ont composé un thriller au rythme plus qu’enlevé. Eva va devoir remplacer son père qui ne peut plus assurer son rôle de tueur à gage. Bien que très entraînée et préparée, la jeune fille va devoir faire face à des dangers inattendus.

Eva s’occupe de son père, un ex tueur à gage qu’un AVC a amoindri, seul parent qui lui reste. Elle doit tout faire pour laisser croire que son père peut encore faire son travail sans quoi la mafia ne tardera pas à prendre les mesures nécessaires. Grâce aux conseils paternels elle est devenue, à son tour, une tueuse à gage hors pair avec un atout de taille : un physique de rêve. Elle se charge donc de tous les contrats qu’il ne peut honorer.
La fille et son père doivent faire vite et récolter assez d’argent pour s’envoler vers la destination de leur rêve : les îles Fidji. Mais avant de couler des jours heureux au soleil, loin des dangers et tracas du milieu, Eva va devoir remplir un contrat juteux : quatre cibles et une grosse somme à la clef. La mission est largement à la portée de la tueuse professionnelle… mais plusieurs obstacles vont se mettre en travers de sa route.

Au nom du père  a tout du thriller classique… A priori cette histoire musclée et tendue sur fond de milieu mafieux, de drogue et de prostitution n’est pas des plus originales. Ainsi, on voit les habituels flics corrompus, les mafieux sans foi ni loi, les luttes intestines… Bref, si ces éléments peuvent relever de la référence, cela donne tout de même une impression de déjà-vu. Pourtant, l’album parvient à se départir de cet apparent classicisme grâce à son récit nerveux et habilement construit. On assiste sans s’ennuyer une seconde aux péripéties de la jeune Eva qui doit, malgré elle, mettre sa vie de côté pour endosser le rôle d’une tueuse à gage et sauver ce qu’il reste de sa famille. On s’attache à cette « héroïne » au destin brisée grâce à des flashbacks qui reviennent sur ses souvenirs d’enfance. Loin d’être linéaire, Au nom du père voit se succéder les rebondissements et ne souffre d’aucun temps mort.
La teneur de l’intrigue ne laisse évidemment pas beaucoup de place à la réflexion. On est en présence d’un thriller au ton « américanisé » qui laisse les considérations psychologiques au second plan. Mais force est de constater qu’on s’immerge sans aucun problème dans l’album grâce à son atmosphère savamment installée. De plus quelques trouvailles scénaristiques entretiennent l’intérêt du lecteur qui trouvera dans ce one shot un divertissement prenant et sans prise de tête.
Au dessin, Accardi livre une copie à la croisée des genres. On peut voir dans son trait des influences venues du manga, du comics mais aussi plus classique. Dans le récit principal, le dessinateur use de contrastes francs, tout en noir et blanc, tandis qu’il joue une carte plus douce et nuancée lors des flashbacks grâce à de jolis lavis. Si l’identité visuelle de l’album est forte, le trait d’Accardi parait pourtant approximatif et donne une impression de rigidité… Un problème de taille pour un récit tourné vers l’action…

Sans réinventer le thriller, Au nom du père se pose comme une lecture prenante et efficace. Derrière son apparent classicisme se cache un album nerveux qui parvient sans cesse à renouveler l’intérêt du lecteur. On aurait toutefois aimé un dessin plus précis et surtout plus dynamique pour servir cet intense récit qui ne manque pas de piment. Cela mis à part, Au nom du père est un divertissement prenant, sexy, violent, et sans prise de tête.

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