LES TOURBIERES NOIRES, de Christophe Bec, aux éditions Glénat, 14,95 € : Boooffff

tourbieres-noires-couv…LES TOURBIERES NOIRES, de Christophe Bec, aux éditions Glénat, 14,95 € : Boooffff

Pour son retour en tant qu’auteur complet, Christophe Bec propose une libre interprétation d’un conte de Maupassant. Les Tourbières noires se pose comme un album horrifique où la frontière entre fantastique et folie est ténue. Une ambiance forte qui ne parvient pas à dissimuler les facilités scénaristiques de ce one-shot.

Antoine, un jeune photographe, est venu dans la région des monts d’Aubrac afin de prendre des clichés des tourbières de la région. Plongé dans sa contemplation du paysage, il n’a pas vu la nuit et le brouillard s’installer. Perdu dans cette purée de pois, il aperçoit un petit gîte qui pourrait lui servir de refuge. L’accueil du propriétaire des lieux, qui ouvre sa porte le fusil à l’épaule, n’est pas pour vraiment pour rassurer Antoine …
Dans une ambiance de plomb, le photographe fait rapidement  connaissance avec Baptiste et Mélodie, sa jeune et jolie fille, qui lui offrent le gîte pour la nuitée. Le père parait très agité et semble guetter les abords de sa propriété avec anxiété. Persuadé que l’homme est fou, Antoine part se coucher en espérant trouver le sommeil au plus vite. Cependant, quelques temps plus tard, Mélodie surgit dans la chambre du photographe en tenue légère. Antoine est sur le point de passer une longue nuit…

De l’oeuvre originelle de Maupassant, Bec ne garde que le thème principal, l’ambiance et la structure générale, tout en réinterprétant le contexte du récit. Un choix audacieux qui prend forme dans les premières planches réussies de l’album. Après un rapide préquel, on suit le jeune Antoine avec en fond, une voix off qui emprunte les mots de Guy de Maupassant. Si la prose peut paraître un peu anachronique, on se laisse happer par l’ambiance froide et les paysages de l’Aubrac. La tension monte jusqu’à arriver à un inquiétant huis clos. C’est à partir de ce moment que le récit se gâte…
Une fois les bases du huis clos installées, difficile d’être surpris par Les Tourbières Noires. Le scénario repose sur des ficelles qui paraissent bien faciles et on a parfois l’impression que l’auteur fait des appels du pied un peu trop appuyé. Tout cela ajouté aux répliques parfois bancales, aux événements inutiles et à l’érotisme facile fait oublier l’ambiance pourtant habilement installée dans la première partie du one-shot. Alors que le jeu entre folie et fantastique paraît intéressant, le manque de suspens dû aux  procédés scénaristiques évidents met à mal le plaisir de lecture.
Au dessin, Bec montre toutefois qu’il n’a rien perdu de son talent. Son trait réaliste et ses couleurs sombres magnifient les paysages de l’Aubrac . Les cadrages dynamiques, les couleurs sombres et les jeux de lumière installent parfaitement l’atmosphère angoissante de l’album. Graphiquement, le résultat est très réussi mais ne parvient pas à masquer les maladresses de l’intrigue.

Pour son retour en tant qu’auteur complet Bec assure une partition graphique réjouissante mais pêche un peu côté scénario. Cette adaptation très libre du conte de Maupassant parait trop conventionnelle pour surprendre le lecteur qui voit la promesse d’un récit horrifique s’éloigner peu à peu. La lecture des Tourbières Noires est d’autant plus frustrante qu’une ambiance angoissante et de très belles planches sont au rendez-vous.

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