MAXENCE T1, La sédition Nika, de Sardou et Duarte aux éditions Le Lombard : Booofffff

maxence_T1-couvMAXENCE T1, LA sédition Nika, de Sardou et Duarte aux éditions Le Lombard : Boooffffff

Pour sa première incursion dans la bande dessinée, l’auteur de thrillers historiques Romain Sardou nous emmène dans l’empire romain byzantin, sous le règne de Justinien Ier. Un premier album aux allures de peplum qui s’avère finalement assez lisse.

En l’an 532 à Constantinople, la société est divisée en deux factions : les bleus, soutenus par l’empereur, et les verts. D’habitude, leur rivalité s’exprimait surtout à l’hippodrome mais lors de la dernière course de char, deux chars verts subissent un accident douteux laissant la victoire aux bleus. Les esprits s’échauffent, les émeutes débutent et Justinien en appelle à la répression pour calmer les esprits. Malheureusement, dans les affrontements, un des dirigeants des bleus a été assassiné. Les rumeurs indiquent que des soldats sont à l’origine de la mort de l’homme politique : il n’en faut pas plus aux bleus pour ne plus soutenir l’empereur. Si les deux factions s’unissent contre l’empereur s’en sera fini de lui. L’impératrice Théodora fait alors appel à un proche : Maxence, dresseur de fauve de son état. Ce dernier n’a que quelques heures pour enquêter sur la mort du leader bleu et mettre un terme à ce qu’on appellera la sédition Nika.

Romain Sardou est connu pour ses thrillers historiques, pas étonnant donc que Maxence s’inscrive dans la même lignée. Il choisit une période peu traitée : l’Empire Romain d’Orient au VIeme siècle. Le début de l’album esquisse les mystérieuses origines de Maxence puis on fait connaissance avec la famille impériale et on voit la sédition Nika prendre forme au cours de ce premier tome d’introduction…
Mais au fil des pages on se rend bien vite compte que l’album ne réserve pas de grande surprise. Certes, difficile dans un premier tome de mettre du rythme et de lancer l’action, mais les présentations des personnages semblent un peu s’éterniser tout comme certains dialogues trop « présentatifs ». Les différents personnages paraissent ne figurer là que par prescription historique. Le dessin de Duarte renforce cette impression tant les personnages semblent figés. Leur manque de personnalité est tel qu’on a parfois un peu de mal à les reconnaître selon les pages… La mise en scène est des plus classiques et le dessin réaliste parait bien lisse, sans saveur particulière et certainement pas aussi appliqué que ce que laisse entrevoir la couverture. Seules les scènes d’émeutes parviennent à insuffler une fibre épique à cet ouvrage. Dommage donc que Maxence ne soit pas plus peaufiné car les mystérieuses origines du héros éveillent la curiosité du lecteur. Avec un supplément d’âme, cette bd historique bien documentée aurait pu devenir une série historique prenante et trépidante.

Maxence est donc un début de série assez moyen. On a l’impression d’être face à une bd historique façon « vieille école » qui a un manque flagrant de personnalité et de dynamisme. Cette impression est renforcée par un dessin lisse et imprécis de Duarte qui ne signe pas, avec Maxence, sa meilleure copie. Espérons que le deuxième tome se révèle plus prenant et peaufiné…

Guillaume Wychowanok

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