MERCI, De Zidrou et Monin aux éditions Bamboo : Boooffff

merci_couv…MERCI, De Zidrou et Monin aux éditions Bamboo : Boooffff

Zidrou et Arno Monin s’associent pour un album qui revient sur l’adolescence, son esprit de rébellion mais aussi sa clairvoyance. Si Zidrou traite d’habitude des émotions avec justesse, Merci est un one-shot qui parait peu crédible.

Merci Zylberajch est une jeune adolescente au style gothique en pleine rébellion. Dernièrement, elle a taggué la maison de monsieur Parmentier, un professeur que personne n’apprécie dans le petit village de Bredenne. Ce dernier forfait n’est pas passé inaperçu et les forces de l’ordre n’ont pas mis bien longtemps pour arrêter la jeune Merci. Le juge pour enfant la condamne à 50 heures de travaux d’intérêt général. Elle devra participer au conseil municipal de sa ville pour monter un projet à destination de la jeunesse. Si les débuts sont difficiles, elle va finir par élaborer un projet autour de la figure célèbre de ce village : le poète Maurice Cheneval.

Zidrou n’a pas son pareil pour dépeindre le genre humain et ses travers dans tout ce qu’il a de plus attachant. Mais cette fois-ci, le résultat manque cruellement de nuance et de crédibilité. L’histoire commence pourtant plutôt bien, d’abord avec Bredenne, ville fictive à laquelle Zidrou insuffle un fond culturel. Puis avec Merci, cette jeune ado rebelle qui tient tête au personnel de la mairie. Cette fille pleine de travers, de qualités, de nuance gagne rapidement notre sympathie, mais son discours et sa répartie paraissent un peu trop mature pour être authentique… Surtout lorsqu’on compare Merci aux membres du conseil municipal qui sont bien moins engagés et nuancés. Des personnages caricaturaux qui manquent d’authenticité. Idem pour les combats politiques qui font sourire mais manquent cruellement de profondeur et de vraisemblance.
Au début la confrontation des générations est agréable, humaine et humoristique, aidée par une mise en scène efficace et dynamique. Mais une fois que Merci se lance dans son projet, on perd toute dimension humaine. On ne voit pas le projet se construire, on voit le « produit fini » sans plus de détail, puis on fait un bon en avant de 5 années (!) pour voir sa réussite. Et la fin rose bonbon où tout le monde est heureux parait tout aussi artificielle. Bref, une deuxième moitié de récit trop superficielle pour être savoureuse.
Côté dessin, Arno Monin offre des planches propres, claires, très nettes mais qui manquent un peu de profondeur et de détails. L’esthétique enfantine et stylisée reste agréable sans jamais surprendre ou impressionner vraiment.

Avec Merci, Zidrou déçoit. Si la première partie de sa bd charme malgré son manque de crédibilité et sa vision politique (très) enfantine, la deuxième partie est beaucoup trop sommaire. Un album remplit de bonnes idées et d’humanisme mais qui manque clairement de liant et de finition.

Guillaume Wychowanok

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