NESTOR BURMA, T9 : Micmac moche au Boul’Mich, de Nicolas Barral d’après l’oeuvre de Léo Malet, éditions Casterman, 16 € : Bulle d’Or

nestor-burma-t9-couv…NESTOR BURMA, T9 : Micmac moche au Boul’Mich, de Nicolas Barral d’après l’oeuvre de Léo Malet, éditions Casterman, 16 € : Bulle d’Or

Micman moche au Boul’Mich est la deuxième contribution de Barral à la série des Nestor Burma en bande dessinée. On y retrouve le détective parisien qui enquête sur la sordide affaire du suicide d’un étudiant… Si la thèse officielle ne semble pas faire de doute, les raisons de cet acte restent pourtant mystérieuses.

Paris, Quai Saint-Bernard, une sombre nuit de novembre, Paul, un jeune étudiant se tire une balle en pleine tête à bord de sa 2cv. Un mois plus tard, Jacqueline Carrier, ex-compagne du jeune homme ne parvient pas à accepter la thèse du suicide. Elle décide alors de faire appel à Nestor Burma. Bien que le détective pense que la version officielle est sans doute la meilleure, il accepte de répondre à la demande de Jacqueline c’est que les affaires ne sont pas florissantes en ce moment.
Après un passage au 36 quai des orfèvres qui ne fait que confirmer ce que le détective savait déjà, ce dernier décide tout de même de pousser plus loin ses investigations… Il découvre alors que sa cliente a un numéro d’effeuilleuse dans un cabaret et qu’elle s’est entouré de fréquentations peu recommandables… sans compter que le père de Paul semble dissimuler bien des secrets…

Après sa prépublication épisodique en noir et blanc sous la forme d’un journal, le 9e tome de Nestor Burma reprend des couleurs. L’occasion pour le lecteur de (re)découvrir une nouvelle enquête dans un Paris des années 50 toujours aussi savoureux. Dans une ambiance de pur polar, on suit les différentes pistes du détective pour tenter de démêler les fils de cette affaire. La tension monte progressivement au cours de cet enquête complexe qui met en scène de nombreux protagonistes. Malgré un rythme assez enlevé et quelques rebondissements, le récit ne perd jamais en lisibilité . Bref, Baral réalise un beau travail d’adaptation dans un récit intense et prenant à l’atmosphère très bien installée.
Nestor Burma est indissociable du Paris des années 50 et de son argot si pittoresque. Sur ce point, Barral fait honneur à la série et semble renouer avec la fibre de Tardi. On parcourt les places du Veme arrondissement, dans un froid hivernal qui blanchi chaque édifice. On découvre une galerie de personnages, tous plus louches les uns que les autres, au sein de dialogues puissants et fleuris. Barral parvient donc à nous faire revivre les sensations d’antan dans une intrigue qui n’a rien à envier à ses prédécesseurs.
Graphiquement, Nicolas Barral reprend l’univers que Tardi avait imaginé et, dans les grandes lignes, en retrouve l’esprit. Les planches sont un hommage un peu sage au trait si singulier du dessinateur, bien qu’elles dégagent une identité propre. On peut également saluer le travail accompli par Philippe De la Fuente sur les couleurs qui reprennent l’univers original en y apportant une pointe de modernité. Les lecteurs apprécieront donc ou non cet exercice de style techniquement très réussi.

Nicolas Barral montre qu’il a le talent pour répondre aux exigences des lecteurs de Nestor Burma. Micmac moche au Boul’Mich propose une enquête dense et surprenante dans un Paris pittoresque qu’on prend plaisir à redécouvrir. Barral a également fait un travail graphique intéressant qui reprend les bases installées par Tardi pour un résultat différent et intéressant. Le dernier tome de Nestor Burma est donc un très bon millésime que les amateurs de polar peuvent déguster sans modération.

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