STEAM NOIR, T1 : Le Coeur de cuivre, de Schreuder et Mertikat, aux éditions EP, 14 € : Bulle de Bronze

steam-noir-t1-couv…STEAM NOIR, T1 : Le Cœur de cuivre, de Schreuder et Mertikat, aux éditions EP, 14 € : Bulle de Bronze

Avec Steam Noir, Les éditions EP nous font découvrir une bd qui a fait forte impression dans son pays d’origine : l’Allemagne. Ses deux jeunes auteurs, Benjamin Schreuder et Felix Mertikat, nous plongent dans un univers steampunk original et enthousiasmant sur fond d’enquête ésotérique.

Landsberg, domaine Reidlich, 5 après les jours aveugles, au matin. Des agents de l’Alliance Leonard enquêtent sur un étrange cambriolage. Les voleurs ont utilisé du gaz anesthésiant pour endormir les occupants de l’habitation et ainsi, ils ont pu opérer en toute tranquillité. Hirschmann, un homme machine, Madame D., profileuse de son état, et le Bizarromant Heinrich sont dépêchés sur les lieux pour résoudre cette affaire.
Grâce au globomètre, une machine capable de mettre en évidence les traces des âmes, Heinrich comprend que ce cambriolage n’a rien de naturel. Rapidement, l’enquêteur et la profileuse découvrent des indices qui indiquent qu’une jeune fille avait été emmurée vivante dans la cheminée de la maison. Seulement, le cadavre a étrangement disparu… Au fil de leurs découvertes, le trio va se lancer sur les traces d’un mystérieux guérisseur aux pratiques douteuses.

Si Steam Noir a connu un certain succès en Allemagne en gagnant le Prix de la meilleure bande dessinée à la foire du livre de Francfort, cette série nous était jusqu’à présent inconnue. Les éditions EP rectifient le tir en publiant le premier tome en France. Sage décision, car cet album a de nombreux arguments à faire valoir, à commencer par son univers steampunk riche et original. Ce premier tome nous plonge sans plus d’explication dans ce monde mystérieux fait d’éther, de continents volants, d’hommes machines au look singulier et d’âmes aux étranges capacités. On suit un peu hébété les prémices de l’enquête et l’on découvre les différents aspects de l’univers avec plaisir.
L’enquête prend rapidement un tournant surprenant et amène le trio d’enquêteurs sur la piste d’hommes à la recherche d’un mystérieux cœur mécanique. Les auteurs n’hésitent donc pas à brouiller les pistes et à jouer avec les attentes du lecteur pour faire monter le suspens. Le récit est assez bien construit mais, malgré ses rebondissements, on peut constater une certaine langueur dans le rythme. Une fois arrivé à la fin, on se dit qu’on aurait aimé avancer un peu plus loin dans l’histoire et en apprendre plus sur cet univers captivant. Du coup, on attend la suite pour se faire une véritable idée de la série même si un dossier en fin d’album vient nous donner des informations sur le monde steampunk de l’oeuvre.
Graphiquement, Steam Noir est tout aussi original, et il suffit de regarder le design des personnages et autres machines pour s’en convaincre. Forcément, ce parti pris ne devrait pas faire l’unanimité mais les adeptes de steampunk devraient être séduits. Le trait de Felix Mertikat est agréable et donne corps à l’univers de l’oeuvre même si les arrière-plans et les couleurs informatiques donnent une impression de flou généralisé aux planches. Heureusement, le découpage très stylisé apporte du dynamisme aux cases parfois un peu figées et confèrent une véritable identité à l’album.

Navigant entre ésotérisme et steampunk, Steam Noir propose un univers riche et très original. Dommage que les informations soient distillées au compte-goutte : on aurait aimé en apprendre un peu plus sur l’intrigue et l’univers. Les planches dégagent un « quelque chose »plaisant, mais l’impression de flou, les couleurs informatiques et les dessins parfois un peu statiques ne plairont pas à tous. Ce premier tome de Steam Noir augure du meilleur pour la série… et on espère que le prochain opus saura répondre à nos attentes et à notre curiosité !

Guillaume Wychowanok

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