TRISH TRASH, Roller Girl sur Mars T1, de Jessica Abel aux éditions Dargaud, 12,99 € : Booofffff

trich-trash-couv…TRISH TRASH, Roller Girl sur Mars T1, de Jessica Abel aux éditions Dargaud, 12,99 € : Booofffff

 Trish Trash nous envoie sur Mars pour découvrir le quotidien de Trish Trash, jeune fille qui rêve de percer dans le monde du hoverderby, sport descendant du roller derby. Une série de science-fiction sportive qui se place dans un univers cohérent et travaillé mais qui manque clairement d’originalité et de finition graphique.

Trish Trash est une lycéenne moyenne qui aide ses parents d’adoption à la ferme, sur Mars. La planète est encore en terra-formation et les habitants sont sous le joug d’une grande entreprise qui n’hésite pas à les exploiter. Du haut de ses 15 ans (7 ans et ½ en âge martien), elle rêve de se faire une place dans le monde du hoverderby. Cela lui permettrait de dire adieux à son quotidien ennuyeux au possible. Le hoverderby, c’est le sport planétaire, et ses joueuses sont de véritables stars.
Lorsqu’elle apprend que des sélections pour intégrer une équipe vont se dérouler, elle n’hésite pas une seule seconde pour sécher les cours et s’y rendre. Mais il y a un problème de taille : il faut avoir 18 ans pour participer aux sélections. Elle parvient toutefois à magouiller pour s’y présenter. Son talent est tel qu’elle tape dans l’œil du sélectionneur de l’équipe phare du coin… mais elle n’a que 15 ans. Heureusement, Trish a d’autres talents, c’est une mécano hors pair et l’équipe aurait bien besoin d’elle pour l’entretient du matériel. A défaut de pouvoir jouer, elle va suivre son équipe préférée en tant que mécano.

Cette série de science-fiction se focalise sur le hoverderby, descendant du roller derby actuel. Le roller derby est un sport de patin à roulette, assez underground, qui développe une esthétique assez punk sur fond de féminisme. Ce sport a d’ailleurs été mis en scène dans le film Bliss (ou Whip It en version  originale), de Drew Barrymore. Jessica Abel prend le parti de placer ce sport dans un futur hypothétique alors qu’il est devenu le sport préféré des colons martiens mais aussi des terriens. Le point fort de l’album est sans doute son univers bien construit et cohérent qui n’est pas un modèle d’originalité mais qui développe une terminologie et un background touffus. Jessica Abel a d’ailleurs placé un faux wiki en fin d’ouvrage pour nous expliquer cet univers mais aussi les évolutions qu’a connu le roller derby pour devenir le hoverderby. Par contre, concernant les règles de ce sport, il faudra aller sur le blog de l’auteur ou ailleurs car ni ce wiki, ni le récit ne nous aide à en comprendre les règles et les nuances.
L’intrigue n’est pas des plus originales… Cette fille qui veut quitter son milieu familial modeste pour devenir une célébrité sportive rappelle bien d’autres récits. Heureusement, la vie sur Mars nous permet de découvrir un monde fait d’exploitation par une entreprise sans foi ni loi. Il y a aussi la question des autochtones, des véritables martiens qui sont considérés comme des menaces. Mais dans ce premier tome, ces éléments ne sont finalement que très peu exploités, ils ouvrent un semblant de piste pour laisser toute place au monde du hoverderby. Espérons donc que les prochains tomes exploitent mieux l’univers riche de Trish Trash.
Mais le véritable problème de cet album est sa conception graphique qui n’aide nullement à s’immerger dans ce récit linéaire. Dans un format comics, l’album en reprend un peu l’esthétique. Mais le trait assez épais de l’auteur ne parait pas des plus maitrisés et donne parfois l’impression d’être grossier. Les décors sont assez réussis, malgré le manque de détails, mais lorsqu’on regarde les personnages, une impression d’étrangeté se fait sentir. Les proportions ne sont pas toujours respectées, certaines postures paraissent improbables et manquent de dynamisme. La mise en scène est du même acabit, avec des cadrages classiques mais qui n’aident pas vraiment à comprendre ce qui se passe, surtout pendant les parties de hoverderby. Et ce ne sont pas les couleurs chaudes qui parviennent à donner de la profondeur à ces planches qui paraissent bien plates. Bref, l’esthétique de l’album  manque de maîtrise et gêne quelque peu l’immersion dans cette histoire.

Ce premier tome de Trish Trash déçoit surtout par son esthétique et son récit linéaire au goût de déjà lu. Pourtant, l’album a des arguments à faire entendre avec son univers élaboré et le thème du roller derby, un sport jeune, dynamique à l’esthétique forte qui gagnerait à être plus connu. Espérons que les deux tomes à venir exploitent mieux cet univers en développant les pistes esquissées et en gagnant en qualité graphique.

Guillaume Wychowanok

One thought

  1. un brin 60’s sur les dessins.
    C’est si mauvais pour une BD d’être linéaire? Dans l’océan de BD qui existe, trop d’originalité tue l’originalité non? Hello!

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