VA’A, Une saison au Tuamotu, de Troub’s et Benjamin Flao aux éditions Futuropolis : Boooffff

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Après un magnifique voyage en Antarctique aux côté des frères Lepage dans La Lune est blanche ; les éditions Futuropolis nous emmènent sur l’archipel des Tuamotu, en Polynésie française. Ce carnet de voyage à quatre mains de Benjamin Flao et Troub’s est loin d’être aussi abouti que ce que l’on espérait…

Les deux amis Troub’s et Benjamin Flao sont partis au large de Tahiti sur l’archipel des Tuamotu. Ils devaient participer à une mission scientifique pour fabriquer des Va’a Motu, pirogues à voile traditionnelles de l’archipel. Seulement, par manque de financement, la mission a été mise en suspend. Les deux amis n’en démordent pourtant pas et font avec les moyens du bord pour se lancer dans la conception et la construction d’un Va’a Motu, en « indépendant ». Ils en profitent pour naviguer d’ile en ile et aller de rencontre en rencontre. Ils croisent la route de nombreux autochtones et partagent un bout de chemin avec certains d’entre eux.

On part donc en compagnie de Troub’s et Benjamin Flao en pleine Polynésie française pour redonner vie aux anciennes embarcations des autochtones. On s’attend au meilleur car les deux auteurs sont connus pour leurs récits de voyage, Flao a d’ailleurs fait forte impression avec le dessin si dépaysant de Kiliana Song. On ouvre l’album et on commence avec un prologue explicatif assez touffu. Puis on entre dans le récit de voyage, on voit les deux amis élaborer leur pirogue et l’améliorer au fil des jours. Cette embarcation est le sésame pour aller à la rencontre des Polynésiens, et faire connaissance avec eux. L’occasion d’en apprendre plus sur l’archipel des Tuamotu, ses traditions agricoles perdues, le passage du nucléaire, l’invasion récente du tourisme… Malheureusement, le tout est traité sur le ton de la discussion donc sommairement et non sans quelques clichés. On est loin de la mission scientifique et on voit les deux auteurs paresser pendant nombres de pages. Ce faux rythme et le récit un peu décousu n’aident pas à s’immerger dans l’œuvre. Et ce ne sont pas les passages humoristiques et surréalistes dans lesquels nature et animaux parlent qui suffisent à insuffler de la poésie à ce voyage qui finalement semble bien plat.
On s’attendait à des dessins contemplatifs et on a droit à des planches qui manquent vraiment de finesse, avec certaines cases qui semblent peu travaillées. Alors forcément, quand on voit la peinture magnifique au milieu de l’album qui nous montre leur embarcation voguant au large d’une île sur une double page, on se prend à rêver. Les couleurs sont justes, le dessin est réussi, le dépaysement total et on se dit que l’album aurait dû ressembler à cette somptueuse double-page. Mais non, dans l’album récit et dessins ont un gout d’inachevé et le récit de voyage se transforme en album de vacances des deux copains…

Va’a, une saison au Tuamotu, est donc une véritable déception. On en attendait beaucoup plus de cet ouvrage qui n’est pas ce qu’il aurait dû être, surtout lorsqu’on connait les qualités de ses auteurs. Certes les imprévus rencontrés par les deux amis n’y sont pas pour rien, mais en l’état on se dit que Va’a est une œuvre gâchée.

Guillaume Wychowanok

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