YIN ET LE DRAGON, T1 : Créatures célestes de Marazano et Xu Yao aux éditions Rue de Sèvres, 14 € : Bulle de Bronze

yin-et-le-dragon-couv…YIN ET LE DRAGON, T1 : Créatures célestes de Marazano et Xu Yao aux éditions Rue de Sèvres, 14 € : Bulle de Bronze

Alors que le troisième tome du Monde de Milo vient de paraître, Richard Marazano publie le premier tome de sa série tout public à l’univers asiatique : Yin et le Dragon. On y suit la route de Yin, une petite fille chinoise élevée par son grand-père qui va faire une rencontre inattendue… Un conte fantastique dans un contexte historique bien retranscrit, une oeuvre jeunesse mais pas simpliste.

Shanghai, 1937, alors que la côte chinoise est sous le joug de l’armée impériale japonaise. La petite Yin essaye tant bien que mal d’aider son grand-père, la seule famille qui lui reste. Ce pêcheur, qui a vu disparaître ses proches les uns après les autres, ne vit que pour nourrir et élever sa petite-fille qui lui en fait voir de toutes les couleurs. Malgré les déboires qu’elle connaît avec les bandes de jeunes voleurs du coin la jeune fille va toujours de l’avant avec la même intrépidité.
Un soir, malgré les interdictions de son grand-père, Yin décide de se faufiler sur son bateau de pêcheur. Lorsque le grand-père s’aperçoit que sa petite-fille est sur son embarcation, il n’a pas vraiment le temps de la sermonner : un dragon d’or s’est pris dans son filet. Alors que l’animal légendaire est blessé par un malheureux concours de circonstances, Yin, se sentant coupable, supplie son grand-père de le ramener sur terre et le soigner. Mais cacher et nourrir une pareille créature n’est pas une mince affaire, surtout qu’il faut éviter d’attirer l’attention des soldats japonais…

Marazano n’en est pas à son coup d’essai en termes de série jeunesse aux accents asiatiques et après le très réussi Monde de Milo, c’est avec Yin et le Dragon qu’il récidive. On retrouve l’ambiance chinoise mais dans un contexte historique particulier : le début de la seconde guerre sino japonaise. On parcourt alors les rues pittoresques d’un Shanghai occupé aux côtés de la jeune Yin, une jeune fille qui a l’aventure dans le sang. On part de ce portrait familial empathique pour peu à peu entrer dans le cœur de l’aventure lors de la rencontre avec le dragon d’or.
Le point fort de Yin et le dragon réside bien sûr dans son univers légendaire asiatique accessible. L’oeuvre nous plonge dans un contexte historique pour livrer un récit humain teinté de légendes chinoises, le résultat est dépaysant. Malgré son ton jeunesse et sa structure simple, le récit est toutefois assez rythmé et prenant pour que chacun y prenne du plaisir, bien que les adultes pourront ressentir un certain manque de contenu. Ce premier tome prend son temps pour poser les bases de l’histoire mais propose une révélation finale qui augure d’inquiétants événements à venir et donne envie de connaître la suite.
Le travail réalisé par Xu Yao confère un surplus d’authenticité à Yin et le dragon. Son trait au style asiatique est fin, subtil et accessible tandis que ses couleurs très réussies installent à merveille les différentes ambiances traversées. Le découpage reste sage mais l’aspect onirique des planches devrait ravir les lecteurs de tout âge.

C’est avec plaisir qu’on repart dans les légendes asiatiques aux côtés de Marazano. Aventure, univers enchanteur et fond historique sont au rendez-vous de ce  premier tome qui reste moins élaboré que Le Monde de Milo. Le récit onirique et prenant et les jolies illustrations de Créatures célestes donnent envie de lire la suite de l’aventure (prévue en 3 tomes) qu’on espère plus épique.

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